Mathématiques de la coopération et harmonie sociale

Un récent article du journal scientifique Nature [1] a attiré mon attention. Il traite mathématiquement de la coopération entre individus et du bien qui en résulte.

L’article se base sur une digression à propos de la théorie des jeux. En bref*, ce modèle mathématiques se construit autour d’un ensemble de joueurs qui sont récompensés ou punis à l’issue d’un jeu selon l’action qu’ils ont décidé.

Le « jeu » peut se comprendre comme une activité commune, ou un dilemme social. A l’issue du jeu il y a une éventuelle récompense. Cette dernière dépend de l’action du joueur et de celles des autres joueurs. L’action peut être égoïste, ou coopérative/altruiste.

Le résultat principal démontré dans cet article est que : dans un jeu, la coopération sera toujours favorisée par rapport au choix égoïste, pour le bien commun. Autrement dit, si un dilemme se présente et que sa résolution dépende d’un acte égoïste ou d’un acte altruiste, la coopération (acte altruiste choisit) sera sélectionnée, mathématiquement parlant. De façon intéressante, si l’on répète l’expérience à l’issue de plusieurs échecs (dilemmes non résolus), la coopération reste toujours privilégiée.

Qu’extraire de ces systèmes mathématiques un peu abstraits ?

Selon moi, un message fort.

La nature, jusque dans sa logique mathématiques, exalte la coopération et donc l’harmonie. Plutôt que de favoriser le travail égoïste, la tâche partagée est préférable. En écrivant ces lignes je ne peux m’empêcher de penser au livre « L’entraide, facteur d’évolution » de Kropotkine [2].

Je souhaite également mentionner les stratégies évolutionnairement stables proposées par John Maynard Smith [3]. Une des interprétations de cette théorie est que l’entente entre animaux est supérieure à l’égoïsme, et est favorable pour le bien des individus dans le contexte de l’évolution des espèces.

Que conclure ?

De la coopération découle l’harmonie, car on ne peut coopérer si les différents protagonistes ne sont pas en bonne entente.

L’harmonie est un thème important du Confucianisme. Confucius tenait fortement à l’harmonisation sociale de façon à ce que la paix règne dans un royaume. Cette harmonie dépend de la bienveillance des uns envers les autres, du respect envers les anciens (au sens large du terme : les plus vieux, comme les plus expérimentés) et du souhait de se perfectionner moralement (afin devenir un homme de bien, le junzi) [4].

La recherche d’harmonie est ancrée dans la Nature, par conséquent, elle l’est aussi dans notre chair.

Décidément, même jusque dans les mathématiques, l’égoïsme n’est pas conseillé…

 

L’apprenti Confucéen

https://lecoledeconfucius.com

 

* : J’espère que les mathématiciens excuseront ma vulgarisation de cette théorie…

[1] : – Christian Hilbe et al., Evolution of cooperation in stochastic games, Nature, 2018

– Quelques extraits de cet article sont disponibles sur Science Daily.

[2] : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Entraide,_un_facteur_de_l%27%C3%A9volution

[3] : https://fr.wikipedia.org/wiki/Strat%C3%A9gie_%C3%A9volutivement_stable

[4] : Confucius expliquait que l’homme de bien préserve l’harmonie, tandis que le méchant n’est pas accommodant avec les autres. Entretiens de Confucius, chapitre 13, verset 23.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s